Acquisitions de la SAMP : une écritoire de 1914/18
Une écritoire d’un officier d’artillerie de la Première Guerre mondiale
Dans le dossier thématique de Relais 99, une des dernières aquisitions de la SAMP est présentée : une écritoire de la Première Guerre mondiale en photo ci-contre) ayant appartenu à un officier d’artillerie, contenant ordres de mission, courriers personnels, carnet de campagne, diplômes et médaille. Un document exceptionnel enregistré dans les collections du Musée (2007.124).
L’écritoire a appartenu à Marcel Brouilhier, officier d’artillerie qui a connu plusieurs régiments durant le premier conflit mondial. Les documents contenus dans l’écritoire nous renseignent peu sur la vie civile de Marcel Broulhiet. Ses états de service militaire indique qu’il est né le 25 septembre 1882 à Mèze (Hérault), a vécu toute sa vie à Montpellier et est un ancien élève de l’école Centrale des arts et manufactures. Marcel Broulhiet effectue son service militaire de 1902 à 1904 et semble être resté sous les drapeaux après 1904. On sait en effet qu’il est sous-lieutenant en activité au XVIe Corps d’Armée de Montpellier en 1906. Il semble avoir été versé ensuite dans la réserve de l’armée d’active du XVIe CA, mais la date n’est pas connue. Le 12 avril 1910, il est appelé à Castres (Tarn) pour une période d’exercices comme sous-lieutenant de réserve. Par décret présidentiel du 1er octobre de la même année, Marcel Broulhiet est nommé lieutenant de réserve au 3e RAC basé à Castres depuis 1873, qui appartient au XVIe CA. Militaire de la réserve, Marcel Broulhiet se trouve naturellement mobilisé pour la Grande Guerre. Son ordre de mobilisation daté de mai 1914 lui notifie qu’il sera versé en cas de conflit au 56e RAC – qui compte en 1914 neuf batteries de canons de 75 mm –, et qu’il doit rejoindre Castres (Tarn) le premier jour de mobilisation.
Lorsque la guerre éclate, Marcel Broulhiet a tout juste 32 ans. Les différentes unités successives qu’il rejoint pendant le conflit montre un parcours militaire assez classique chez un officier d’artillerie français. À l’exception des premiers mois de guerre où il est engagé dans des combats en Lorraine, le lieutenant d’artillerie Marcel Broulhiet n’est que rarement en première ligne et n’est pas confronté aux conditions de vie difficiles des régiments d’infanterie. Après des affections dans différents SMA (2) et RAC en 1914-1916, il est à Verdun en 1917 – après la terrible bataille qui s’est déroulée en 1916. C’est sur ce front qu’il contracte une poliomyélite. Selon ses états de service, « après deux ans et neuf mois de présence continue sur le front, sept mois d’hospitalisation pour infirmité contracté au front de Verdun« , Marcel Broulhiet est déclaré « inapte six mois à la marche et au cheval« . Sa première demande de réintégration lui est refusée mais, sur intervention d’un ami député, Eugène Étienne, un départ volontaire au front lui est accordé.
Il est alors affecté à des unités de l’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (ALVF), unités généralement positionnés loin des combats. Promu capitaine au début de l’année 1918, maintenu dans ses fonctions, le capitaine Broulhiet devient moniteur. Une appréciation de son commandant datée du 1er février 1918 le décrit comme « très gai et intelligent, très bonne éduction, a beaucoup travaillé pour se mettre au courant d’un matériel nouveau pour lui, fera un très bon commandant de batterie« . Marcel Broulhiet passe en grande partie sa dernière année de guerre entre hôpitaux et congés de convalescence, en raison de nouveaux troubles neurotrophiques de la jambe droite qui l’empêchent de marcher. Son dernière affectation à Nice le 5 novembre 1918 confirme son incapacité à combattre, à six jours de la fin du conflit.Le 3 décembre 1918, la commission spéciale d’aptitude de Nice le déclare apte à un emploi sédentaire et l’affecte comme commandant d’une batterie du dépôt de Nice.
En mars 1922, Marcel Broulhiet est une nouvelle fois hospitalisé à Nice, puis en convalescence à Montpellier. Sur proposition de la commission de Montpellier du 5 juillet 1923, il est rayé des cadres et officiers. C’est la fin de la carrière militaire du capitaine Marcel Broulhiet.
Auparavant, il a été cité à l’ordre de la division le 7 juin 1919, avec attribution de la Croix de guerre avec étoile d’argent pour « son courage en maintes circonstances, notamment dans la Woëvre et en Belgique, puis en Champagne« .
Le 25 juillet 1934, Marcel Broulhiet reçoit du ministère de la Guerre la médaille interalliée dite « médaille de la victoire« , reconnaissance de sa participation au premier conflit mondial.
À l’âge de 80 ans, une dernière décoration lui sera accordée le 24 novembre 1962, la Croix flamande des trois cités, pour sa participation aux opérations militaires en Belgique.






